La célébration du Baptême

et les règles chrétiennes qui y sont liées

Si un enfant s’apprête à venir au monde dans votre famille, félicitations ! Que Dieu le garde et le sauve !

Nous vous recommandons de lire attentivement les lignes ci-dessous, afin de connaître ce qui est véritablement important, du point de vue de l’Église, concernant le Baptême d’un enfant.

Le Baptême – faut-il encore le rappeler – n’est ni une « tradition » populaire, ni un « acte magique », ni un « droit » qui nous serait automatiquement dû, mais il représente l’acte fondamental d’entrée dans l’Église et, par conséquent, il doit être reçu avec le respect et la compréhension dus à ce Saint Sacrement de l’Église.

Ne vous laissez pas guider par des informations (souvent inexactes) publiées sur divers sites, et ne donnez pas d’importance à la multitude de coutumes populaires (certaines d’origine païenne) liées à cet événement : nous vous conseillons de vous orienter d’abord selon les règles théologiques (ecclésiastiques), afin d’avoir un Baptême béni. Si vous avez des questions ou des incertitudes, n’hésitez pas à contacter le prêtre de notre paroisse pour en discuter ensemble (vous trouverez les coordonnées en bas de chaque page de ce site).

Sur cette page, vous trouverez des informations, des recommandations et des règles ecclésiastiques concernant :

  • La mère, avant la naissance
  • Après la naissance
  • Au 40ᵉ jour après la naissance
  • Le choix du prénom de Baptême
  • Le choix du parrain/de la marraine
  • Le choix du jour du Baptême
  • La présence de la mère au Baptême
  • La structure de l’office
  • Les objets nécessaires au Baptême
  • Les pratiques après le Baptême

La mère, avant la naissance

Il est très important que la mère qui s’apprête à donner naissance se confesse et communie auparavant, afin que son enfant vienne au monde dans cette bénédiction. Si la mère ne peut pas se déplacer, contactez-nous : nous viendrons chez vous. Priez pour votre enfant, ne serait-ce que quelques minutes par jour, et veillez à maintenir à la maison une atmosphère de paix et de joie, qui se transmettra également à l’enfant dans le sein de sa mère.

Après la naissance

Après l’accouchement, il est bon de contacter le prêtre de l’église. Il viendra à l’hôpital pour prier avec vous et accomplir une bénédiction. C’est votre première sanctification en tant que nouvelle famille ! Nous ferons de l’eau bénite, nous prierons pour la santé de la mère et pour la bénédiction de la maison. Mais si la rencontre à l’hôpital n’est pas possible, alors le père ou un autre membre de la famille doit venir à l’église pour recevoir de l’eau bénite à rapporter à la maison.

Au huitième jour (le dimanche le plus proche, ou plus tard, mais avant le Baptême), vous apporterez aussi l’enfant pour la lecture des prières prévues – la prière dite de « l’imposition du nom », son premier pas vers l’entrée dans l’Église.

Explication : La règle consistant à donner le prénom de l’enfant au huitième jour après la naissance est biblique, mentionnée dans l’Évangile. Le huitième jour, le Sauveur a reçu son nom : « Quand huit jours furent accomplis [après sa naissance], pour sa circoncision, on lui donna le nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. » (Luc 2,21). Pourquoi le huitième jour ? – Parce que la semaine a sept jours, et le huitième est le symbole de l’éternité, du « jour » qui ne finira jamais, dans la vie future.

Au 40ᵉ jour après la naissance

Après 40 jours (le dimanche le plus proche), la mère et l’enfant sont appelés à l’église pour les prières prévues. La mère recevra des prières spéciales pour cette occasion et pourra communier, tandis que l’enfant sera présenté à l’église (« imbisericit »), c’est-à-dire consacré à Dieu ; ce sera son deuxième pas vers le Baptême, après « l’imposition du nom ».

Explication : Cette règle des 40 jours est également d’origine biblique. L’Évangile (Luc 2,22) rapporte l’épisode où Joseph et la Vierge Marie ont amené l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem, où il fut reçu dans les bras du Juste Siméon – fête conservée dans l’Église sous le nom de « Présentation du Seigneur ».

Le choix du prénom de Baptême

Nous vous conseillons de choisir pour votre enfant un prénom du calendrier orthodoxe, en l’honneur d’un saint de l’Église. Ne suivez pas la mode passagère des prénoms « originaux » : la mode passe, mais les prénoms du calendrier de l’Église sont rappelés sans interruption depuis près de 2000 ans.

Nous vous recommandons aussi de ne pas donner à votre enfant plus d’un prénom. En effet, il est rare qu’on appelle une personne par deux prénoms. De plus, avec un seul prénom – celui d’un saint –, l’enfant s’identifiera plus facilement à ce saint protecteur et pourra tisser avec lui une relation constante.

Le choix du parrain et de la marraine

Le parrain (ou la marraine) de Baptême est le parent spirituel de l’enfant.

Il peut s’agir d’une seule personne ou d’une famille (mais même dans ce cas, le parrain reste une seule personne : celle qui fait la profession de foi au nom de l’enfant et qui le reçoit dans ses bras en sortant de l’eau du Baptême).

Non seulement le Baptême avec plusieurs parrains (parfois jusqu’à 12, comme cela se pratique dans certaines régions) n’est pas dans la tradition de l’Église, mais il est même déconseillé, surtout dans les petites communautés. En effet, des liens de parenté spirituelle se créent entre l’enfant baptisé et ses parrains, ainsi qu’entre leurs familles, ce qui peut constituer un empêchement (religieux) à de futures unions par mariage.

Le parrain doit être chrétien orthodoxe : une personne croyante, confessée et ayant communié, avant de devenir le parrain de votre enfant. Une famille ne peut parrainer un enfant que si elle est religieusement mariée (bénie par l’Église).

Ne choisissez pas le parrain de votre enfant en pensant à un profit matériel ou à un « prestige ». Le choix du parrain de Baptême s’apparente à une adoption spirituelle. Ne confiez pas spirituellement votre enfant à une personne sans crainte de Dieu, quelle que soit sa richesse ou sa position sociale.

La familiarité avec le Credo (ou Symbole de la foi), qui est une exposition succincte de la foi de notre Église, est une nécessité naturelle pour celui qui s’engage à garantir l’éducation de votre enfant dans cette foi.

Le choix du jour du Baptême

Contrairement au sacrement du Mariage, le Baptême peut être célébré n’importe quel jour de l’année, et, en cas de grande nécessité (par exemple si l’enfant est gravement malade), même un jour de jeûne. Normalement cependant, comme le Baptême est une source de joie immense, il est préférable d’éviter ces jours.

Pour éviter des situations désagréables, nous vous demandons que, lorsque vous souhaitez programmer un Baptême, vous contactiez d’abord le prêtre, et seulement ensuite que vous réserviez le reste (salle, restaurant, etc.). Vous aurez ainsi la garantie que le Baptême de votre enfant pourra être célébré dans la pleine dignité de l’Église.

Très important : si, malheureusement, l’enfant est très malade ou en danger de mort, il doit être baptisé immédiatement. Contactez-nous sans hésiter, à toute heure du jour ou de la nuit, pour discuter d’un « baptême d’urgence » (qui, en cas d’extrême nécessité, peut être accompli par toute personne présente auprès de l’enfant).

La présence de la mère au Baptême

Non seulement la présence de la mère est permise, mais elle est même souhaitée : c’est la première grande fête de la vie de son enfant ! À cette occasion, si les prières des 40 jours n’ont pas encore été lues pour elle, elles seront dites à son entrée dans l’église, juste avant le début de la célébration du Baptême.

La structure de la célébration du Baptême

Le Baptême se célèbre uniquement dans l’église et dure un peu plus d’une heure.

Au cours de l’office, l’enfant reçoit le Baptême, la Chrismation (Mirungerea) et la Sainte Communion.

La célébration comprend :

  • Les prières d’exorcisme
  • Les « renoncements » (le parrain déclare : « je renonce à Satan »)
  • La profession de foi du parrain (avec la récitation du Credo)
  • La sanctification de l’eau du Baptême, par l’invocation de l’Esprit Saint
  • L’onction de l’enfant avec l’huile bénite (appelée « huile de joie »)
  • Le Baptême proprement dit (triple immersion)
  • La Chrismation (onction avec le Saint Chrême)
  • Des lectures de la Sainte Écriture (Évangile et Épîtres)
  • Le lavage de l’enfant
  • La tonsure (première coupe de cheveux)
  • La communion de l’enfant avec le Corps et le Sang du Seigneur

Explications :
Les prières d’exorcisme sont dites sur l’enfant, car il hérite, comme tout homme, des suites du péché originel. Les renoncements et la profession de foi sont faits par le parrain, au nom de l’enfant.

La sanctification de l’eau rappelle le Baptême du Seigneur dans le Jourdain. L’onction avec l’huile bénite rappelle l’onction des élus de Dieu dans l’Ancien Testament. La triple immersion symbolise la mort, l’ensevelissement et la résurrection avec le Christ. Le vêtement blanc représente « l’habit de justice », la « robe lumineuse » revêtue par le baptisé. Le cierge symbolise la lumière de la vie chrétienne qui doit « briller devant les hommes » (Matthieu 5,16).

La Chrismation est le sceau du Baptême, la naissance « de l’eau et de l’Esprit » (Jean 3,5). La tonsure signifie le changement d’apparence, le début d’une vie nouvelle dans le Christ et constitue une première offrande que l’enfant fait à Dieu.

Les objets nécessaires pour un Baptême

Les parrains doivent préparer à l’avance :

  • un linge blanc simple (appelé aussi « crâșmă »), dans lequel l’enfant sera sorti de l’eau du Baptême (à défaut, une grande serviette blanche peut être utilisée) ;
  • un cierge de Baptême, acheté de préférence à l’église et décoré avec des fleurs (pas de jouets ou figurines) ;
  • une bandelette de tissu (ou une petite serviette à défaut) ;
  • une bouteille d’huile d’olive (qui sera bénie, servira à l’onction et sera ensuite rapportée par les parents) ;
  • une bouteille de vin (achetée à l’église) ;
  • une serviette et du savon pour le prêtre ;

Le plus beau cadeau que le parrain peut offrir à son filleul est une petite croix de Baptême (appelée « croix baptismale »), bénie et remise pendant la célébration. Un autre cadeau adapté est une icône.

Nous recommandons de les acheter au magasin paroissial. Dans certaines régions, il est aussi d’usage que le parrain offre les premiers vêtements de l’enfant après le Baptême : dans ce cas, ils seront mis seulement après la sortie de l’eau, et non à la maison. Tout autre objet (gâteaux, cadeaux, etc.) ne fait pas partie de la tradition de l’Église et n’est pas nécessaire. En revanche, n’oubliez pas les objets de base pour l’enfant : couches, lingettes, serviette, etc.

Les parents doivent aussi apporter l’acte de naissance de l’enfant (roumain ou français).

Après le Baptême

Amis et proches vous assailliront de toutes sortes de « coutumes » après le Baptême : bain rituel, coupe de cheveux, ongles, etc.

La plupart de ces pratiques ne sont pas prévues par l’Église. Dès après le Baptême, l’enfant peut recevoir tous les soins habituels sans aucun rituel spécial.

Du point de vue chrétien, votre seule responsabilité après le Baptême est de prier pour et avec votre enfant, et de l’amener régulièrement à l’église pour participer aux offices et recevoir la Sainte Communion.

Pour toute autre question, il est recommandé de vous adresser au prêtre, et non aux grands-parents, tantes, amis ou « experts » de circonstance, aussi bien intentionnés soient-ils.