La Confession

Quelques recommandations pour ceux qui veulent se confesser*

Il y a quelques choses que je répète toujours à l’église et que j’ai pensé rappeler brièvement maintenant à ceux qui se confesseront pendant ce Carême.

1. La confession n’est pas un interrogatoire ni un jugement, mais une confession volontaire, comme son nom l’indique : « Le sacrement de la confession ». N’attendez donc pas les questions du prêtre : vous pourriez très bien vous confesser même à un prêtre muet. Réfléchissez à la maison à ce que vous avez à confesser, notez éventuellement quelque part pour ne pas oublier. N’allez pas à la confession sans préparation.

2. Le rôle de la confession n’est pas seulement de « dire » vos péchés, mais de vous juger vous-mêmes et de voir ainsi où et comment vous vous trompez envers Dieu et envers votre prochain. Le prêtre n’est que le témoin de votre sincérité et la mesure humaine de la gravité de vos fautes envers vous-mêmes ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Confessez donc vos péchés les uns aux autres » (Jacques 5,16).

3. Avant d’aller à la confession, essayez autant que possible de vous réconcilier avec ceux avec qui vous êtes en conflit. Les Saints Pères disent que la paix vaut quatre fois plus que la justice. Pardonnez et demandez pardon. Mais si vous ne pouvez pas, dites au moins un bon mot, donnez un signe, faites au moins un petit geste de bienveillance.

4. Relisez attentivement les dix commandements, mais ne vous arrêtez pas à leur lettre, essayez d’en atteindre l’esprit. « Tu ne voleras pas », par exemple, ne signifie pas seulement ne pas prendre ce qui ne vous appartient pas, mais aussi ne pas tromper sur la balance ou sur le prix, ne pas accepter de pots-de-vin, ne pas vendre de produits ou services médiocres, ne pas payer un travail de manière injuste, et ainsi de suite.

5. Demandez-vous surtout si vous aimez vraiment Dieu, et si vous ne placez pas votre amour, votre foi et votre espérance ailleurs. Faites un petit test : si votre plus grand souhait était exaucé immédiatement, lequel serait-ce ? Réfléchissez bien, car « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6,21).

6. Pensez aux fautes que vous avez commises (ou que vous commettez) envers les membres de votre maison et de votre famille, envers vos collègues de travail, envers vos amis, vos connaissances et même des inconnus. Demandez-vous si vous priez, et pour quoi ; si vous allez à la Liturgie, et pour quoi ; si vous vous communiez, et pour quoi ; si vous jeûnez, et pour quoi ; si vous luttez contre vos passions, si vous pardonnez, si vous aidez les autres, si vous lisez l’Évangile et si vous vivez selon sa parole.

7. Il n’y a pas de « petits » ou de « grands » péchés : tout ce que vous avez sur la conscience est le plus grand péché. Ne faites jamais rien contre votre conscience : elle ne vous pardonnera jamais.

8. Parlez à la confession de vos propres péchés, et non de ceux des autres. Au bout du compte, personne d’autre n’est responsable de nos bêtises.

9. Que la confession soit simple, directe, assumée, sans détails ni explications inutiles. Vous n’avez pas à vous justifier ni à chercher des excuses. Le modèle de la confession se trouve dans les paroles du brigand crucifié à la droite du Sauveur : « Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes » (Luc 23,41).

10. N’entrez pas dans les détails, essayez d’être aussi concis que possible — d’autres attendent leur tour. Si vous avez besoin d’un entretien plus long avec le prêtre, il vaut mieux fixer un rendez-vous séparé.

En quittant la confession, essayez d’être au moins un peu meilleurs que lorsque vous êtes venus, de corriger vos erreurs, de ne pas les répéter, d’être plus attentifs à vos actes, vos pensées et vos paroles. Une confession sincère est comme le retour à la maison du fils prodigue : le Père nous a revêtus de « la première robe » et nous a assis à sa droite à table ; au moins pour le temps du repas, ne nous couvrons pas à nouveau de honte.

* Texte du Père Ioan Florin Florescu, repris du blog Journal écossais