Le Mariage

L’Ordre du Sacrement du Mariage

La célébration des Fiançailles et du Mariage a lieu au milieu de l’Église, devant une table sur laquelle sont déposés le Saint Évangile, les couronnes nuptiales, la Sainte Croix, des chandeliers avec des cierges et les anneaux de fiançailles.
Le marié se tient à droite, et la mariée à sa gauche, près de son cœur, car elle a été créée par Dieu de la côte de l’homme.
Le moment le plus important de l’office est l’imposition des couronnes : le prêtre fait trois fois le signe de la croix avec les couronnes au-dessus des visages des époux, en prononçant chaque fois les paroles :
« Le serviteur (la servante) de Dieu (nom) est uni(e) à la servante (au serviteur) de Dieu (nom), au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit », puis il les pose sur leur tête, d’abord celle de l’époux, ensuite celle de l’épouse.

La signification des « couronnes » posées sur la tête des époux

Les couronnes, faites de métal, rappellent les couronnes avec lesquelles on honorait autrefois les rois et les empereurs. Elles symbolisent l’ornement, l’honneur et la récompense accordés à la pureté et à la virginité des époux, couronnés comme des souverains, dotés du pouvoir de donner la vie, c’est-à-dire d’engendrer des enfants.
C’est pourquoi on chante pour eux : « Seigneur notre Dieu, couronne-les de gloire et d’honneur ! »

Après l’imposition des couronnes, on lit l’Apôtre (de l’Épître aux Éphésiens, chapitre 5, versets 20-33), où saint Paul compare le mariage au lien sacré entre le Christ et l’Église, exhortant les époux à s’aimer mutuellement. Puis est proclamé l’Évangile relatant le miracle accompli par le Sauveur aux noces de Cana en Galilée (Jean 2, 1-11).

Suit une ecténie (assemblage de courtes prières), après quoi le prêtre bénit le calice commun, rempli de vin, dont il donne aux époux de goûter tour à tour, tandis que l’on chante :
« Je prendrai la coupe du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur » (Psaume 115, 4).

La signification du calice partagé par les époux

Le calice béni symbolise, d’une part, la joie et l’allégresse des noces, et d’autre part, l’union des époux dans une même pensée et une même vocation, appelés à partager désormais ensemble, aussi bien les joies que les épreuves de la vie.
Après cela a lieu la triple procession autour de la table, menée par le cortège nuptial composé du clergé, des époux et de leurs parrains spirituels.

La signification de la procession autour de la table

Cette marche en ronde exprime la joie procurée par le mariage. Et puisque le mariage a pour but la naissance d’enfants, l’Église nous renvoie à la naissance surnaturelle du Sauveur Jésus-Christ de la Vierge Marie, prophétisée par Isaïe (7, 14).
L’Église l’invite alors à se réjouir avec nous de l’accomplissement de sa prophétie : « Réjouis-toi, Isaïe ! La Vierge a conçu… ».
On chante également deux hymnes empruntés à l’office de l’ordination : « Saints Martyrs… » et « Gloire à Toi, ô Christ notre Dieu… », pour signifier que les époux doivent imiter le Christ et Ses saints, par une vie pure dans le mariage, supportant avec amour toutes les difficultés qui surviennent dans la famille.

Les conditions canoniques (ecclésiastiques) du mariage

  • Les deux jeunes qui veulent s’unir par le sacrement du mariage ne doivent avoir entre eux aucun lien de parenté charnelle (de sang) ni spirituelle. Le mariage entre parents est absolument interdit par les saints canons de l’Église orthodoxe, y compris entre cousins au second degré.
  • Les mariages ne peuvent être célébrés n’importe quel jour : il faut tenir compte des temps de jeûne et des grandes fêtes (voir ci-dessous).
  • Les parrains (témoins spirituels) des époux doivent être des chrétiens orthodoxes mariés, bons, aimant l’Église, capables d’instruire et de guider leurs filleuls dans la vraie foi.
  • Les parents des deux jeunes doivent consentir à leur mariage. Les unions contractées sans l’accord des parents n’apportent pas de joie aux enfants et sont interdites par les canons de saint Basile le Grand (canons 38, 40 et 42).
  • Les deux jeunes doivent s’aimer et consentir librement à se marier. Si le mariage est imposé par les parents ou conclu pour des avantages matériels, il ne saurait durer et n’est pas agréable à Dieu.

Quand les mariages ne peuvent-ils pas être célébrés ?

Selon le neuvième commandement de l’Église, les mariages ne peuvent pas être célébrés aux périodes suivantes de l’année :

  • durant les quatre grands jeûnes (le Carême de Pâques, le Carême de Noël, le jeûne des Saints Apôtres et celui de la Dormition de la Mère de Dieu),
  • les jours de jeûne hebdomadaire : le mercredi et le vendredi, ainsi que le 14 septembre (Exaltation de la Sainte Croix) et le 29 août (Décollation de saint Jean-Baptiste),
  • durant la Semaine des laitages (« semaine blanche »), qui prépare au Grand Carême,
  • durant la Semaine radieuse (Semaine de Pâques), le dimanche de la Pentecôte, la période entre Noël et la Théophanie, ainsi que les veilles de toutes les grandes fêtes, afin que la joie des noces n’occulte pas la joie spirituelle de ces solennités.

Ce qui est nécessaire pour la célébration du mariage

  1. Le prêtre doit être informé à l’avance de la situation civile et religieuse des époux (mariages civils et/ou religieux antérieurs, etc.). Pour un second mariage religieux, la bénédiction de l’évêque est nécessaire, ainsi que les données concernant les parrains (noms, âge, confession).
  2. Les époux doivent tenir compte des conditions canoniques et des périodes de l’année où les mariages sont permis.
  3. Le mariage ne peut pas être célébré pendant les temps de jeûne, car les réjouissances et les festins nuptiaux ne conviennent pas à la pénitence et à la tempérance que le jeûne impose (canon 69 des saints Apôtres et canon 52 du Concile de Laodicée).
Les objets que les époux doivent apporter à l’église
  1. Le certificat de mariage civil en original – le mariage civil est obligatoire avant la célébration religieuse.
  2. Les anneaux de fiançailles (alliances) – signe du lien d’amour entre les époux.
  3. Deux cierges tenus par les parrains – signe de la lumière du Christ.
  4. Une icône – que le prêtre bénira et que les parrains offriront aux époux à la fin de l’office.
  5. Une bouteille de vin dont les époux boiront, ainsi que, selon la coutume, des biscuits (ou petits gâteaux secs).